Félix COLOMER (1865-1927)


Colomer en 1889, élève de l'Ecole des Mines de Paris
(C) Photo collections ENSMP

Né le 18/4/1865 à Paris.

Ancien élève de l'Ecole des mines de Paris (promotion 1886, entré classé 8 et sorti le 8/6/1889 classé 3). Ingénieur civil des mines.

Son fils Pierre est aussi ancien élève de l'Ecole des mines de Paris (promotion 1927). Il épouse Marie-Thérèse AURICOSTE le 27 novembre 1935. Sa fille Marine naît le 2/2/1937.


Publié dans le Bulletin de l'Association des anciens élèves de l'Ecole des mines de Paris, décembre 1927

Notre camarade Colomer a été emporté brusquement, sans que rien puisse faire prévoir un dénouement aussi prompt.

Le dimanche 9 octobre, il était encore sorti avec sa famille. Rentré chez lui, dans l'après-midi, il était pris d'une crise cardiaque, et mourait à 9 heures du soir, dans les bras de sa femme, impuissante et désespérée.

Travailleur infatigable, toujours sur la brèche, sans s'être jamais accordé un jour de repos, Colomer est mort d'excès de travail.

Reçu en 1885 à l'Ecole Polytechnique, à l'Ecole Centrale et à l'Ecole Supérieure des Mines, des considérations personnelles l'amenaient à opter pour notre Ecole. Il en est sorti en 1889 avec le troisième rang et la médaille d'argent de l'Association Amicale des Elèves.

Pendant dix ans, il complète sa formation technique à la rude et féconde école des charbonnages du Pas-de-Calais, d'abord comme ingénieur des mines de Vicoigne et Nœux, puis comme ingénieur en chef des mines d'Ostricourt.

En 1899, il embrasse la carrière d'ingénieur-conseil et, désormais, les cinq parties du monde s'ouvrent à sa prodigieuse activité.

Il séjourne quatorze mois en Russie pour y étudier les concessions minières du prince Dolgorowsky. En 1905, il part pour le Tonkin : il est le premier prospecteur des mines de zinc exploitées dans cette région. Puis il va dans la Terre de Feu, où il dirige des sondages dans les sables aurifères.

Sa réputation comme ingénieur expert et comme explorateur s'affirme chaque jour davantage. Elle lui procure l'occasion de parcourir les pays les plus divers et de travailler sur tous les minéraux utiles.

Il visite successivement en Europe toutes les contrées du Midi et de l'Orient, la Russie, la Suède et la Bohême.

En Asie, le Tonkin, le Siam et la Chine.

En Afrique, l'Algérie et la Tunisie.

En Amérique, le Canada, la Colombie, le Colorado et la Terre de Feu.

En Océanie, la Nouvelle-Calédonie.

Le temps que lui laissent libre ces lointaines missions et la rédaction des rapports qui en découlent, Colomer l'emploie à la publication d'ouvrages remarqués. Il fait paraître successivement un « Manuel du Prospecteur », un traité résumé d' « Exploitation des Mines », un ouvrage important sur « les Combustibles industriels », avec la collaboration du camarade Lordier, un traité des « Gîtes minéraux » et enfin un « Manuel pratique du Radium ».

Il collabore, en outre, aux principales revues techniques.

Mis en évidence par l'ensemble de ces travaux, très apprécié dans, le monde industriel, Colomer est nommé successivement secrétaire du Congrès International des Mines et de la Métallurgie, lauréat de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale pour ses études sur les combustibles, secrétaire du district parisien de la Société de l'Industrie Minérale, vice-président du Congrès Colonial de Paris (sections Mines et Métallurgie), membre du Comité de l'Océanie Française, membre du Conseil d'administration de la Société Française des Ingénieurs Coloniaux, président de la Chambre Syndicale des Ingénieurs.

Sous son intransigeance et sa brusquerie apparentes, Colomer cachait une bonté et un dévouement profonds.

Ses amis étaient toujours certains d'obtenir un appui lorsqu'il pouvait leur être utile, et les questions d'intérêt général trouvaient en lui un animateur audacieux et tenace.

Le jour même de sa mort, il a eu la grande joie de savoir que son fils était reçu à l'Ecole des Mines, sa chère Ecole. C'est sur ce fils, sur l'admirable compagne de la vie de notre ami, sur ces filles privées si jeunes du soutien paternel que nous, ses vieux camarades, reportons l'hommage de toute notre affection pour le cher disparu.

François Tixier (1888).