Marie Ennemond Camille JORDAN (1838-1922)

Né à Lyon (Rhone). Fils de Esprit Alexandre JORDAN (X 1818 ; 1800-1888, ingénieur des ponts et chaussées et député centre droit de Saone et Loire de 1861 à 1883) et de son épouse née Jeanne Louise Joséphine PUVIS de CHAVANNES, soeur du peintre Pierre Puvis de Chavannes. Petit-fils de Camille Jordan (1771-1821) homme politique originaire de Lyon.
Il épouse Marie Isabelle MUNET (morte en 1918).
Deux de leurs fils (dont Joseph Louis Paul) et de nombreux petits-fils et arrière-petits-fils firent Polytechnique (notamment Olivier René Marie de SEGUINS PAZZIS d'AUBIGNAN, X 1963). La famille Jordan était de religion protestante.
Madeleine JORDAN, petite-fille de Camille, épouse en 1919 Antoine VENARD, ingénieur civil des mines de la promotion 1910 de l'Ecole des mines de Paris.

Ancien élève de l'Ecole polytechnique (promotion 1855, entré major et sorti classé 2ème sur 144 élèves), et de l'Ecole des Mines de Paris. Corps des mines

Camille JORDAN fut théoriquement en poste au Service des carrières de Paris jusqu'en 1885.


Publié dans le LIVRE DU CENTENAIRE (Ecole Polytechnique), 1897, Gauthier-Villars et fils, TOME I, pages 416 et suiv.

En 1881, le siège de Chasles à l'Académie des Sciences échut à M. Camille JORDAN. Né en 1838, élève de la promotion de 1855 de l'Ecole Polytechnique et entré, comme M. Bertrand, dans le corps des Mines, le nouvel académicien avait débuté par une Thèse de doctorat sur les Substitutions. En 1865 et 1866, il y ajoutait des travaux, remplis de considérations délicates et profondes, sur les Polyèdres, où la notion de symétrie et celle de genre étaient envisagées avec une particulière largeur. Un an après, poursuivant le même ordre d'idées, mais passant de la Géométrie de situation à la Géométrie cinématique, il publiait un mémoire sur les Groupes de mouvements. Il s'était propsé de déterminer les diverses manières dont un système de molécules peut être superposable à lui-même, et il trouvait ainsi que toutes les combinaisons admissibles se groupaient autour de 174 types, dont faisaient naturellement partie les systèmes définis par Bravais dans ses Etudes cristallographiques.

L'oeuvre analytique principale de M. Jordan est son Traité des substitutions, rempli de résultats nouveaux, et où il a donné, en continuant à suivre la route ouverte par Galois et Abel, les principes fondamentaux de la théorie des Equations algébriques résolubles par radicaux, avec applications de la doctrine à l'intégration des équations différentielles linéaires. M. Jordan a aussi contribué à asseoir la théorie définitive d'une classe intéressante d'équations qui s'offrent à propos de la division des arguments dans les fonctions abéliennes. A cette énumération il convient d'ajouter des Mémoires d'un haut intérêt sur la Théorie des formes, considérée au double point de vue de l'Algèbre et de l'Arithmétique, enfin la publication du Cours d'Analyse, que l'auteur professe depuis 1876 à l'Ecole Polytechnique ; ouvrage capital, tenu au niveau des découvertes les plus élevées et les plus récentes de la science.

M. Jordan a défini lui-même le caractère général de ses travaux, en disant qu'il s'est constamment proposé d'approfondir la Théorie de l'ordre, aussi bien dans le domaine de la Géométrie pure que dans celui de l'Analyse. Il rattache ainsi, par leur tendance, ses études sur la symétrie dans les polyèdres, les systèmes de lignes et les assemblages de molécules, à ses recherches sur la doctrine des substitutions, qu'il envisage comme étant en quelque sorte la théorie analytique de l'ordre.

Voir aussi :

  • Camille JORDAN sur un site relatif aux grands mathématiciens

    Photo ENSMP
    Marie Ennemond Camille JORDAN



    Charles Noël JORDAN, élève de Polytechnique
    Charles Noël (1877-1914 ; X 1896), l'un des fils du grand mathématicien Camille JORDAN, fut capitaine d'artillerie et mort pour la France à Alincourt le 1/9/1914.
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